16 mars 2007

Saint Patrick et fête des mères

Demain (17 mars) c’est la Saint Patrick, la fête national irlandaise. C’est l’occasion d’un festival de plusieurs jours à Dublin, avec drapeaux dans les vitrines et aux balcons, feux d’artifice, musique et grande parade. Mais on ne pourra pas trop vous en parler parce que nous profitons du week-end prolongé pour aller faire un tour dans le county Clare. Certains dublinois nous ont dit que c’était une bonne idée de fuir la ville ce week-end, tellement elle sera bondée de gens venus du monde entier pour fêter Paddy’s Day. On est surtout ravis de l’escapade parce que c’est notre première virée hors de Dublin depuis notre arrivée en Irlande. Nous sommes même extrêmement impatients parce que ce seront aussi nos premières vraies vacances en famille en voiture, avec les parents devant qui s’énervent sur les cartes routières et l’enfant derrière qui râle parce que le voyage n’en finit pas.


Á propos de grande premières, dimanche (18 mars) c’est la fête des mères en Irlande. J’ai donc reçu aujourd’hui mon premier collier de nouilles officiel. Les filles de la crèche font légèrement comme si c’était Maïa qui l’avait fait toute seule, mais j’imagine qu’elles ont bien aidé. Quoi qu’il en soit il est très beau, dans les tons oranges, avec des petites nouilles et quelques abricots secs

12 mars 2007

Notre maison

C'est vrai que nous sommes installés depuis bientôt 5 mois, voici enfin des photos de notre petite maison. Tout d'abord la façade. C'est un cottage qui fait partie d'un ensemble de beaucoup d’autres cottages (30 ? 40 ?), tous de plain pied et tous "attachés" les uns aux autres, dans un style bien local:


Ensuite la cuisine, la plus grande et la plus agréable pièce de la maison, qui est une extension du bâtiment initial. Comme souvent ici, les murs de l'extension ne sont pas isolés, et comme le fond de la pièce est vitré, c'est une pièce difficile à chauffer. Mais aussi très claire grâce au puits de jour:

Petite curiosité, notre chambre à coucher avec le lit en hauteur. C'est pratique tous ces rangements. On ne voit pas le Velux sur la photo, mais grâce à lui on s'endort la tête dans les étoiles chaque nuit:


27 février 2007

Une nuit à l'Opéra


Ce soir, ma femme m'a emmené au National Concert Hall pour voir A night at the opera. L'idée est de monter un spectacle à base de petits bouts de grands opéras. Pour l'occasion, j'ai mis un costume parce que c'est tout de même l'opéra. Je n'ai pas jugé utile de mettre de cravate, par contre, vu qu'on a eu les entrées à moitié prix.



Par exemple, il y avait des bouts de Carmen. Pour ceux qui n'ont pas la chance de connaitre Carmen, c'est l'histoire française d'un dresseur de vaches espagnol (pas de faute d'accord à « espagnol », je parle bien de la nationalité du dresseur, celle des vaches n'ayant pu être établie car elles étaient fictives) et d'un gendarme qui marche sur les tables. Le premier rôle féminin est tenu par une fille qui connait en tout et pour tout une seule phrase qu'elle répète pendant 10 minutes à chaque fois qu'on lui adresse la parole. Étrange, mais culturel donc sans doute intéressant.

Il y avait aussi des effets spéciaux, à savoir des fumigènes dans ma face, afin que je n'oublie pas que j'étais venu accompagné d'une bronchite en plus de ma femme. Le bon côté de ma quinte de toux incessante est que j'ai presque fait la connaissance de mon voisin. Il a eu pitié de moi et m'a donné des Mentos pour que j'arrête de tousser. J'étais assez dubitatif quant à l'efficacité du traitement mais ça a à peu près marché pendant une dizaine de minutes.

Bref, une expérience tout à fait intéressante, à renouveler en été.

14 février 2007

Elastique

Petite leçon de vocabulaire : en anglais, saut à l'élastique se dit bungee jumping. Je vous en parle parce qu'en ce moment même sous mes yeux des étudiants se jettent dans le vide pour la bonne cause. Cette semaine c'est RAG week ("Raising and Giving" week, soit la semaine de collecte et de redistriubtion). Les étudiants prennent prétexte de collectes pour diverses oeuvres de bienfaisance pour faire à peu près n'importe quoi pendant toute la semaine : faire la quête en slip dans la principale rue commerçante de la ville, se battre déguisés en gros sumo gonflables, sauter à l'élastique. Et encore je suis sure que je n'ai pas tout vu...

06 février 2007

Non fumeur

En Irlande tous les lieux et établissements publics sont non fumeurs. J’entends par là pubs, restaurants, gares, bureaux, etc. Du coup les fumeurs sortent au grand jour : le soir devant les pubs, en journée au pied des immeubles de bureau ou sur les terrasses chauffées des cafés…

Le bon côté : aucune crainte pour les poumons des enfants ou aucune odeur de clope sur les vêtements le lendemain d’un diner au restaurant. Je dis ça, je suis non fumeuse depuis plus de 4 ans, je ne sais pas comment je réagirais si j’étais toujours fumeuse. Mais urtout, je ne peux pas m’empêcher de penser aux gens qui travaillent dans ces établissements et qui ne sont plus obligés de respirer la fumée à longueur de journée, qu’ils soient fumeurs eux-mêmes ou pas.

Je ne connais pas bien les statistiques sur le sujet, un fumeur m’a dit que les ventes de cigarettes n’ont pas baissé depuis l’interdiction générale, mais je ne sais pas pourquou je ne lui fais pas trop confiance…

S'habiller pour sortir

Le titre de ce billet peut paraitre idiot, je vois d’ici le lecteur exigeant : « bah quoi, les irlandais s’habillent pour sortir, la belle affaire, ils vont pas aller bosser tout nu quand même ». Mais c’est juste que le lecteur exigeant n’a pas bien saisi l’objet de ce texte. Je veux parler de cette tendance des irlandais et daises à s’habiller un peu mieux qu’au quotidien quand il s’agit de sortir au pub, au cinéma, au restaurant, etc.

Quand on se promène dans Temple Bar (quartier des pubs et haut lieu de la vie nocturne à Dublin)le vendredi ou le samedi soir, il est assez fréquent d’entendre des commentaires en français sur la tenue légère des demoiselles. On moque la brièveté de leur jupe et la profondeur de leur décolleté, on fait des allusions sur l’impossibilité de sortir vivant de cet endroit tellement on est frise la crise cardiaque à chaque nouvelle fille qui passe, etc. Bêtises de latins, en somme. Parce que les locaux ne se permettraient jamais ce genre de commentaires. Ces dames ont envie de se faire belles pour sortir, et bien soit.

Les jeunes filles ne sont pas seules concernées par ce gout pour les tenues recherchées, c’est une tendance générale en Irlande. On dégaine le smoking (d’ailleurs en anglais on dit tuxedo, la veste de smoking étant une sorte de robe de chambre censée protéger les vêtements de l’odeur d tabac) ou la robe de soirée pour un oui ou pour un non. Bien sûr les moins jeunes ne vont pas aussi court vêtus. Mais la soirée de Noel ou la remise de médailles aux employés méritants, tout est prétexte à soirée de gala en grandes pompes.

Au début c’est déroutant, il faut compléter sa garde robe, réapprendre à faire les nœuds de cravate. Mais au final c’est assez agréable de se pomponner et de s’habiller comme dans les films pour sortir.

28 janvier 2007

Le génie irlandais - Épisode II : sympa

C'est particulièrement frappant à Noël mais c'est vrai en permanence : les gens sont vraiment très gentils ici. Pendant la période des fêtes, on sent bien que tout le monde est bienveillant (certaines voitures ont même récemment tenté de ne pas nous écraser). On pourrait donner des dizaines d'exemples mais depuis presque 6 ans que nous avons commencé à nous promener ici, certains ont été assez marquants.

Notre habitude de nous perdre (à peu près aussi tenace que celle d'aller manger dans des restaurants fermés) n'a jamais été très préoccupante ici. Lorsque nous avons demandé notre chemin à un commerçant, à savoir moins de deux heures après avoir atterri pour la première fois ici, il nous a gentiment rassuré d'un « basically, you're lost » (et quand j'écris « gentiment », ce n'est pas sarcastique, c'était vraiment une façon aimable de nous dire qu'on allait sans doute mourir bientôt et qu'il en était désolé. Enfin, je crois). À part ça, la plupart des fois où nous avons bêtement ouvert un plan dans la rue, quelqu'un s'est spontanément arrêté pour nous demander si nous avions besoin d'aide. Sinon, il y a deux semaines, notre voisin est venu nous offrir une boîte de chocolats pour s'excuser par avance du bruit qu'il allait faire avec sa fête de Noël (nous avons bien entendu appelé la police à minuit pile pour pouvoir manger nos chocolats tranquillement). Et ces temps-ci, beaucoup d'inconnus nous ont souhaité un joyeux Noël ou une bonne année en nous croisant dans la rue.

D'une façon générale, on a le sentiment que tout le monde est juste gentil -- ou en tout cas très poli -- « par défaut » ce qui est toujours agréable.

Parking raisonné

À Dublin quand on se gare sur un emplacement interdit ou qu'on ne paie pas le parcmètre, on risque de se faire mettre un sabot par les services de la ville (on dit que la voiture se fait clamped). Pas de fourrière donc, mais d'élégants sabots jaunes qui semblent apparaître par magie et en moins de temps qu'il ne faut pour dire "j'm'en fous j'paie pas".

J'ai récemment remarqué que les agents "clampeurs" se déplaçaient à bord de camions de la ville au fronton desquels est portée la mention promoting sensible parking, ce qui signifie à peu de choses près promotion du parking raisonné. C'est plutôt comique, un peu comme si les contractuelles de Paris se promenaient avec un badge "Garons nous de façon raisonnable les amis".

J’ai entendu à la radio que la pratique du clamping allait être étendue à d’autres villes d’Irlande, sans doute pour que toute la population puisse goûter aux délices du parking raisonné…

17 janvier 2007

Et gloups

Voilà, nous ré-émergeons enfin du vide cyber sidéral. Nous avons bien emménagé dans notre cottage fin novembre, mais il a fallu environ deux mois pour retrouver des conditions de vie normale, c'est-à-dire le téléphone et internet. Nous sommes donc de retour, et promettons (d’essayer) de reprendre un rythme normal de mise à jour de ce blog.

07 novembre 2006

Déménagement

On vient tout juste de trouver une maison de taille raisonnable pour déménager ! À moins qu'une catastrophe se produise, ça devrait être validé demain. C'est un cottage à Donnybrook qu'on a visité ce soir. Pour résumer, c'est à côté d'un très chouette parc (Herbert Park), il y a un jardin avec un barbecue, une grande cuisine-salle-à-manger tout à fait charmante, des cheminées où on a le droit de faire du feu, plein de rangements, des fenêtres dans le plafond un peu partout pour avoir des pièces bien lumineuses (à vérifier, vu qu'on a visité de nuit), une deuxième chambre trop petite pour notre fille, un salon qui est fait un peu n'importe comment et une distance par rapport au centre ville qui tend à s'allonger par rapport à notre appartement actuel.

Autant dire que c'était le coup de foudre et qu'on est très contents et impatients d'avoir les clefs. On devrait déménager à la fin de la semaine prochaine. Normalement.

04 novembre 2006

Panorama

Voici la vue que l'on a depuis mon bureau du 5eme étage. Pas mal quand-même.



En gros, j'ai vue sur la rive sud de la Liffey, la partie entre Temple Bar et Camden. Et au loin je vois la cheminée de la distillerie, et d'autres choses que je ne reconnais pas. Par contre les deux caractéristiques du paysage dublinois sont bien représentées : les églises et les grues.

03 novembre 2006

Mon gobelet de café dans la rue

Un aspect du mode de vie irlandais qui me plait, c'est cette manie de se promener partout avec des gobelets de boisson chaude. Les irlandais partagent cette habitude avec les anglais et les américains du nord me semble-t-il. Toujours est-il que j'adore me promener avec un café bien chaud dans la rue, en le sirotant doucement, ou rapporter un thé à mon bureau que je mets des heures à boire.

Au début je me brulais la langue et les doigts. Mais j'ai appris à utiliser les accessoires qui viennent avec le gobelet, et tout va beaucoup mieux. Voici une petite explication, illustrée par une photo que j'ai prise ce matin même au bureau (vers 8h47 en fait).

1 : Le couvercle, avec bien-sûr un petit trou pour laisser passer le liquide. Le challenge numéro 1 est de ne pas se bruler la langue en buvant. Avec l'habitude, on y arrive, enfin je pense surtout que c'est la langue qui s'habitue à être brulée. Le challenge numéro 2 est de ne pas balancer du café partout en marchant. La aussi quelques jours de pratique et on est fin prêt pour une partie de montagnes russes avec un café à la main. Certaines enseignes posent des petits autocollants sur le trou du couvercle, et clament fièrement qu'elles luttent contre les éclaboussures. Mais avec ce système il n'est pas très facile de boire, donc ce n'est qu'un argument marketing fallacieux.

2 : La bague en carton pour ne pas se bruler les doigts. In-dis-pen-sable. Certaines enseignes n'en proposent pas, il faut donc les boycotter (je peux vous donner les noms sur simple demande sans accuse de réception). Il existe une variante où le gobelet est fait en une sorte de carton double de polystyrène. Ca fonctionne bien aussi, mais je trouve ça moins folklorique.

Quant au contenu du gobelet, je n'en parlerai pas ici. Je sais que notamment le café est un sujet cher aux français. Cela fera donc l'objet d'un article à part, histoire de pouvoir traiter le sujet comme il se doit. Mais je peux déjà vous donner une opinion en avant-première : j'aime bien le café qu'on boit en Irlande.

24 octobre 2006

Prénoms irlandais

Certains prénoms irlandais sont très jolis à entendre, et n’en sont que plus charmants d'exotisme quand on les voit écrits. Je vous livre ici mes préférés (que des noms de filles, désolée) :
- Aoife, se prononce quelque part entre "ifai" et "ifeu",
- Sióbhan, se prononce "chivaun",
- Gráinne, se prononce "gronia",
- Niamh, se prononce "niv".

03 octobre 2006

Les lois de Lamaze

J'ai remarqué deux réactions assez fréquentes de la part des anglophones de naissance quand je m'exprime en anglais. Comme ce sont deux choses très intéressantes et sans doute à portée universelle (c'est-àdire qu'elles sont sans doute valable pour d'autres langues que l'anglais), je les ai appelées les lois de Lamaze (mon nom de jeune fille, histoire de changer un peu de Beyssac), en toute modestie. Je vous les livre en exclusivité mondiale, en toute simplicité :

1 - Si un locuteur étranger A présente des lacunes dans la langues natale de B, il y a 80% de chances pour que B en déduise que A est idiot de façon générale. Le pauvre A va ramer pour réussir à passer pour quelqu'un de normalement intelligent.

2 - Admettons que B donne une information ou fasse une demande à A qui est un locuteur étranger. Si A demande une précision ou requiert plus d'information à ce sujet, B en déduit que A n'a pas compris sa phrase, que c'est un problème de langue. Alors que le pauvre A a compris ce que disait B, mais pas ce qu'il voulait dire exactement, ce qui n'est pas un problème de langue, et peut arriver même entre deux locuteurs de même langue natale. A doit alors se préparer à ce que B se mette à parler très doucement en articulant bien chaque syllabe, et à ce que la réunion dure un peu plus longtemps que prévu.

01 octobre 2006

L'expatriation, à quoi ça sert ?

C'est vrai ça, à quoi ça sert de changer de pays ? Ce que je peux dire, c'est qu'en 3 mois en Irlande, j'ai appris énormément de choses. Et mangé beaucoup aussi. Conclusion, l'expatriation ça sert à apprendre et à manger. Voici ce que mon séjour en terre étrangère m'a plus particulièrement appris :

- l'humilité : quand une fois sur cinq tes interlocuteurs ne comprennent pas ce que tu dis ou quand tu fais répéter deux fois une personne sans comprendre un mot de ce qu'elle dit, ça calme. Tu te rends compte que ton génie n'est pas universellement compris, et que tu n'es qu'un étranger parmi d'autres.

- la confiance: en son destin, en sa famille, en les autres en général. Tu es dans une nouvelle ville où tu ne connais personne, dans un nouveau pays dont tu ne parles qu'imparfaitement la langue. Le pire pourrait arriver, les commerçants pourraient te rouler, l'administration pourrait te spolier, les gens que tu rencontres pourraient se moquer de ton accent. Mais non, dans l'ensemble tout se passe bien parce que tu abordes les choses avec calme et humour. Si tu es persuadé que tout va bien se passer et que tu vas rencontrer des gens intéressants, tu es bien parti. Et tant pis pour les petits accrocs sur ton parcours.

- l'important: quand tu étais en France tu adorais la baguette. Tu pensais que ça te manquerait atrocement mais que tu survivrais peut-être. En fait en 3 mois tu n'as pas une seule fois eu envie de baguette parce que le pain de mie bien frais c'est excellent. Découvrir de nouvelles façons de faire et de penser, goûter de nouveaux plats, rencontrer de nouvelles personnes, ça permet de relativiser et de voir ce qui est vraiment important.

Sinon j'ai aussi mangé pas mal de petits-déjeuners, de sandwichs, de soupes et de barres chocolatées depuis que je suis là, par pure curiosité gastronomique bien sûr. Du coup je me suis inscrite à la salle de gym pour limiter les dégâts avant Noël mais je n'y suis pas encore allée une seule fois. Mais ça j'aurais pu le faire aussi en France donc ce n'est pas très intéressant.

31 août 2006

Le retour des uniformes

Malgré la température qui s'est rafraîchie, les promotions spéciales rentrée ou le début du jaunissement des arbes, c'était encore l'été dans ma tête. Après tout, nous sommes toujours au mois d'août. Mais depuis le début de la semaine, le retour des uniformes dans les rues de Dublin m'a fait réaliser que c'était l'époque de la rentrée, donc bientôt l'automne. Au revoir le bel été de nos premiers mois à Dublin.

Quand je parle d'uniformes, je pense aux écoliers, et pas aux militaires, bien-sûr. Je ne suis pas encore bien documentée sur le sujet, je ne connais pas les subtilités du système scolaire irlandais. Tout ce que je peux dire c'est qu'à partir de la mi-journée on voit des écoliers et écolières en uniforme errer par petits groupes dans les rues commerçantes ou dans les jardins publics, rentrant probablement chez eux aussi lentement que possible. A côté de chez nous il y a une école de garçons, leur tenue réglementaire est le pull bleu marine et le pantalon beige. Très fantaisiste, non ? J'ai aussi aperçue une horde de jeuness fille à la sortie d'un établissement près de Saint Stephen's Green. Leur couleur à elles est le rouge, pour le pull et la longue jupe, le tout agrémenté de hautes chaussettes blanches.

Je me demande comment les jeunes qui portent cet uniforme le ressentent. Et comment ils l'achètent : y'a-t-il des magasins spécialisés, ou des commandes sont-elles passées par l'école à chaque début d'année ? En tous cas pour nous, français habitués à aller à l'école en jeans et baskets, c'est très exotique.

26 août 2006

Le bus

En trois mois, j'ai pris le bus trois fois. C'est qu'on ne prend pas le bus à la légère par ici. Pour commencer, il est très difficile de savoir où va un bus ou quel bus prendre pour aller à un endroit donné. Le savoir des lignes de bus se trouve dans les dublinois et personne ne l'en a encore extrait pour mettre de bons vieux plans à la disposition des étrangers.

Donc après avoir été une fois au Health Centre à pieds (presqu'une heure de marche) et m'étant rendu compte qu'il y avait une ligne directe de chez moi à là-bas (je l'avais longée tout le long de mon trajet à pieds), j'ai décidé de tenter l'aventure.

Comme j'avais entendu de terribles histoires sur les bus et leurs chauffeurs, je m'étais préparée : j'étais à l'arrêt de bus, la poussette pliée en bandoulière, ma fille dans les bras, et quelque monnaie dans la poche. Quand le bus est arrivé, j'ai à peine pu monter dans le bus tellement j'étais chargée. Comme il se doit j'ai indiqué ma destination au chauffeur. Il m'a répondu : "ouagnalakegni ?". J'ai dit : "tiouinioure". Il a dit : "95 centimes". Et il a à peine attendu que j'ai glissé ma pièce de 1 euro dans le monnayeur pour démarrer. Il m'a tendu le reçu pour que je puisse me faire rembourser mes 5 centimes au bureau central, que j'ai à peine pu attrapper tellement je tanguais, chargée comme j'étais (à savoir : les bus de Dublin ne rendent pas la monnaie). Le malicieux chauffeur roulait à vive allure. Heureusement une dame s'est emparée de ma poussette et l'a rangé dans le compartiment à bagages, j'ai pu m'asseoir (toujours chargée de ma fille). Ce jour là j'ai fait le retour à pieds.

La fois d'après, toujours pour aller au même endroit, j'avais préparé le compte exact. Tout s'est mieux passé, c'était même un modèle de bus avec un espace prévu pour les poussettes et les fauteils roulants. Galvanisée par ce succès, j'ai tenté l'aventure au retour. J'étais à l'arrêt de bus, arnachée de ma poussette et de mon enfant, quand est arrivé le bus, qui était muni d'une plateforme qui permettait de monter la poussette sans la déplier. Le chauffeur était moyennement aimable, lui aussi m'a fait le coup du "ouagnalakegni". Au retour, c'est plus cher puisqu'il m'a demandé 1 euros 50. Oui, à Dublin les routes ne font pas la même longueur selon qu'on va vers le sud ou vers le nord. Il m'a fallu tout le trajet pour m'en remettre et depuis je n'ai pas retenté l'aventure. Ceci dit, pour des gens sans bébé et sans poussette, qui font le même trajet tous les jours et qui savent combien payer, ça doit pas être si terrible de prendre le bus.

23 août 2006

Le génie irlandais - Épisode I : le petit-déjeuner

Le petit-déjeuner irlandais traditionnel (traditional irish breakfast) est à mon avis un des traits caractéristiques du génie irlandais. Ça n'a l'air de rien, c'est simplement :

  • des toasts ("blanc" ou "marron") beurrés,
  • du bacon,
  • des oeufs (brouillés, au plat ou pochés, les 3 sont acceptés),
  • un peu de tomate,
  • des petites saucisses,
  • du pudding blanc et noir
  • et un mug de café ou de thé.


Ça n'a l'air de rien, donc (encore que... Rien que d'énumérer tout ça, j'ai déjà plus faim), mais c'est absolument génial. En particulier si on le mange à l'heure d'un vrai petit-déjeuner heureux, à savoir aux alentours de midi. Le secret vient peut-être des toasts.

21 août 2006

Les Irlandais existent !

J'ai fait remarquer hier à Raphaële que, contrairement à ce qu'elle insinue dans le billet précédent, nous avons déjà dîné avec des Irlandais. Elle m'a alors subtilement suggéré de venir en parler ici ("T'as qu'à le faire, le blog là"). Donc, bref, on a déjà vu des Irlandais et même dîné avec eux.

C'était un barbecue chez l'habitant (l'habitant en question étant en fait une habitante : ma collègue Tanya). Le lieu était vraiment charmant : une maison sur Beaver Row (littéralement "l'allée de la belette du castor"), à côté d'une petite rivière, au sud de Dublin. Beaver Row a comme particularité sa numérotation : il y a d'abord tous les numéros impairs puis tous les numéros pairs (il n'y a des maisons que d'un côté) dont parfois deux fois le même. On a passé là-bas une très bonne après-midi et une très bonne soirée avec tout plein d'Irlandais (ainsi, notamment, que quelques Australiens, des Anglais, une Américaine et une Gréco-Australienne mais ce n'est pas le sujet).

Deux particularités, pour nous, à ce barbecue :

  • il commençait assez tôt, à 16 heures. Enfin c'était l'heure de l'invitation, ce qui veut apparemment dire qu'il faut venir vers 17h30. Heureusement qu'on était très en retard, on a eu l'air normaux.
  • Les gens devaient apporter leur boisson et leur nourriture pour en gros venir la manger sur place avec les autres. Apparemment, c'est assez courant ici, tout du moins chez les étudiants et ceux qui ne sont plus étudiants depuis peu de temps (genre, heu, hum, 10 ans). Le truc rigolo était que l'invitation disait assez subtilement "Venez faire un barbecue chez nous tel jour. Au fait, il y a un très bon off-licence[*] pas très loin". Je dois préciser tout de même que les hôtes fournissaient grâcieusement de la bière (en quantité limitée. Je veux dire, pour des Irlandais), de la viande super chouette et des petits pains qu'on n'a pas pu goûter.


Il était important de rétablir la vérité. C'est maintenant chose faite.


[*] : un off-licence étant un magasin qui a l'autorisation de vendre de l'alcool à emporter (à condition de ne pas le consommer à moins de 200 yards). Le genre d'endroit à mon avis tout aussi important qu'une pharmacie, sinon plus.

19 août 2006

Politesse internationale

Quelle est le code de politesse à suivre quand on assiste à un dîner organisé par des anglais, avec des invités des USA et des invités français ? Je pense que la règle la plus logique serait de suivre les usages du pays de la maîtresse de maison. Mais comme on ne les connaît pas, on a fait comme on le sentait.

Première cruciale interrogation : le quart d'heure de politesse existe-t-il en Angleterre ? J'espère que non parce que malgré tous nos efforts (nous avons pris un taxi), nous sommes arrivés pile à l'heure. Ensuite tout s'est très bien passé, après tous nous n'étions pas de cultures si éloignées. Evidemment, ça nous a fait drôle de voir ces fous d'anglo-saxons descendre des bouteilles de vin comme du soda, remplissant leurs verres à ras et mélangeant allégrement les crus.

Mais eux aussi ont dû soupirer intérieurement quand je leur ai montré la salade que j'avais apportée pour l'entrée (hmmm, tome de savoie et jambon de pays acquis au péril de mon porte-monnaie, et petites tomates françaises qui sentaient bon la tomate), alors que la maîtresse de maison avait préparé à peu près la même pour accompagner les lasagnes. La prochaine fois je le saurai : la salade n'est pas une entrée, c'est juste une salade.

Dans l'ensemble, nous avons passé une bonne soirée. Une prochaine fois nous aimerions bien dîner avec des irlandais. Mais comme nous le disent toutes les personnes que nous rencontrons ici (des étrangers pour la plupart), il semblerait qu'il n'y ait pas d'irlandais dans ce pays.